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Van Jmusic

nullDeuxième partie du projet 2009 de KOKIA, Akiko ∞Kokia ~balance~ était dans un premier temps prévu pour sortir à l’égale de son homologue Kokia ∞Akiko ~balance~, Mais la maison de disque JVC a refusé cette partie du projet obligeant KOKIA à éditer elle-même cet album. Il ne bénéficie donc pas de la diffusion et de la publicité de l’autre album puisque il est disponible uniquement sur le site officiel de KOKIA et lors des concerts. Un choix stratégique a dû être entrepris par KOKIA pour placer les titres les plus charismatiques dans l’album Kokia ∞Akiko ~balance~,  plus largement diffusé. Connaissant la difficulté de KOKIA à sa renouveler et le laps de temps plutôt court entre ce projet et l’album précédent, The VOICE, un sentiment de peur peu envahir l’auditeur. Mais ne vendons pas la peau de the VOICE avant de l’avoir tuée !

 

Dès la première écoute, on se rend vite compte de la lenteur de l’album puisque il ne contient que des ballades souvent très longues (plus de 6 minutes). Si KOKIA possède un certain talent pour le style il est indéniable qu’elle n’arrive pas vraiment à le diversifier et toutes les ballades on tendance à se ressembler dans leurs compositions et leurs structures. Mais après écoutes attentives on peut clairement distinguer  3 types de ballades, les pianos-voix, les guitares-voix et les horripilantes synthé-voix. Un autre classement consiste à classer les titres en fonction de l’intensité de la voix. En effet KOKIA chante plus ou moins fort entre les titres. On passe donc rapidement des titres grandiloquents et pompeux aux petites mélodies intimistes.

 

The VOICE vs Bontempi

 

L’album s’ouvre sur Wasure Mono,  un titre complètement raté. En effet la composition bancale n’offre aucune réelle efficacité mélodique, le tout renforcer par des arrangements brouillons entièrement synthétiques détruisant la moindre once de mélodie, le titre est entièrement produit avec des percussions et des effets synthé des plus ringards et désolants. Pour clore ce naufrage l’interprétation robotisée et maniérée de KOKIA  en aura fait fuir plus d’un. Qui plus est ce titre approche les 7 minutes ! On retrouve le même constat dans Sekai no Owari ni, et même si la composition est plus plaisante, l’ensemble sonne terriblement ringard tant sur les arrangements (le saxophone !) que l’interprétation tellement spécifique de KOKIA. Cela s’améliore un peu avec Ooki na Senaka, qui même si il reprend les défauts précédents, à la mérite d’offrir des refrains acoustiques (violons, piano) plutôt agréable et une composition bien plus efficace. On continue dans les ballades au synthé avec un titre en Anglais, Bridge, qui est le titre de l’album le plus rythmé. Certes ce titre est d’un conformiste blasant mais il a le mérite de tenir un peu plus l’attention que les autres ballades précédemment citées. Le mélange acoustique (violons, guitare, piano) se marie plutôt bien avec les effets synthé et l’interprétation anglaise obligeant KOKIA à chanter moins fort, est plutôt agréable. Le dernier titre à base de synthétiseur est HOME. On peut sans hésitation lui décerner la palme de la chanson la plus soporifique de l’album (pas facile)… cette lancinante ballade arrangée à coup de synthé imitation flûte de pan (au secours !) et de percussions immondes sur une nappe de synthé et de chorus totalement désaccordés, constitue une épreuve. Difficile de tenir jusqu’au terme de ces 6 minutes de torture auditive sans aucun intérêt. En effet 4 phrases musicales se battent avec un bontempi poussiéreux pour un résultat absolument chiant et affligeant.       

 

Sur la « voix » de l’ennui !

 

nullInfinity est en fait la version acoustique du même titre présent sur l’autre album. L’ensemble est nettement plus agréable que l’autre version. Les arrangements guitare, basse, violon sont tout à fait charmant et donnent un peu plus de caché à ce titre très clairement ennuyeux bien trop classique et déjà entendu chez KOKIA. Les fans reconnaîtront certains passages entièrement repompés sur la chanson YOU sortie en 1999. KOKIA tourne clairement en rond et cela se voie dans la chanson Crape-myrtle no Yureru Koro, un guitare voix, dont l’écoute fait clairement perdre 5 minutes de votre vie et vous laissera hélas aucun souvenir marquant. Si ce n’est que les 15 secondes de pond musicale en milieu du titre qui même classiques sont séduisants. Ce type de chanson de remplissage pullule depuis quelques années dans les albums de KOKIA. Elle démontre un manque de créativité et nuit au renouveau du style de l’artiste qui a tendance à enrober quelques titres plus originaux et charismatiques avec des ballades insipides et désespérément monotones. De plus, la production de ses chansons est vraiment trop classique et manque de qualité. Les quelques accords de guitare acoustique et de piano sonnent souvent très amateur et ne reflètent pas vraiment des musiciens d’expérience et de talent.

 

Sauvés par le piano

 

On termine par les pianos voix, qui constituent le meilleur de l’album. Seuls ces titres peuvent, en effet, arriver à créer un peu d’émotion chez l’auditeur. On commence par la « classique » avec Hajimari, une ballade au piano tout à fait basique, mais efficace. La composition s’enchaine avec grâce et l’interprétation de KOKIA est pour une fois justement dosée. Bref un ensemble juste et sincère très bien équilibré et harmonieux. Ce qui manquait cruellement à cet album. On continue avec Obaa-chan, une ritournelle sensible et douce. KOKIA susurre presque sur une composition mignonne, courte, émouvante et efficace. Un hommage charmant aux allures de comptine délicate et nostalgique. On retrouve le même état d’esprit sur le titre Vintage love. Dans laquelle, après une longue partie instrumentale où KOKIA joue quelques accords sous une ambiance pluvieuse, sa voix douce se pose pour une petite complainte poétique. Certes, l’ensemble est un peu long et lent mais l’ambiance est agréable. L’ultime piste de cet album, Tsumihoroboshi no Uta, est très clairement la meilleure. Il aura fallu attendre la toute fin pour enfin entendre du très bon KOKIA. Il s’agit d’une ballade à base de piano dont la composition est pour une fois harmonieuse. Ni trop long, ni trop court, ni trop grandiloquente, ni trop plate. L’ensemble est fluide et évolue avec authenticité. L’interprétation reprend ce principe et ce juste dosage s’écoute avec bonheur.

 
Dresser un constat de cet album est difficile. Il est évident que les fans de l’artiste seront ravis d’entendre autant de ballades très appréciées depuis le début de sa carrière (à l’image de l’adoration (curieuse) des titres pompeux comme Arigatou ou l’imbuvable Remember the Kiss). En toute objectivité, mis à part quelque raté saturé de synthé, l’ensemble n’est pas mauvais. En termes d’arrangement et de composition mais également vocalement, KOKIA possède une technique et une tessiture hallucinante (ce qui peut frustrer une certain public en vue du résultat). Mais le fait est que, malgré cette capacité qu’a KOKIA à ne jamais tomber dans des productions immondes, cet album est désespérément ennuyeux. Les chansons s’enchaînent sans réel titre charismatique, intéressant ou novateur. Tant dans l’aspect général que dans la discographie de KOKIA qui arrivé à 10 ans de carrière tourne en rond et ne parvient pas vraiment à se renouveler. Elle semble enfermée dans un style de titres grandiloquents ou de ballades niaises. A ce propos, le fait que la plupart des fans de l’artiste ne comprennent pas vraiment les paroles doit jouer en sa faveur. Si l’on ose espérer que la démarche est sincère, les textes de KOKIA sont des mièvreries utilisant des astuces grossières et sentimentalismes redondant sombrant dans la facilité. Que restera t-il de cet album ? Pas grand-chose… Une œuvre intimiste et personnelle pour les fans… Un somnifère de niaiseries pour les autres. En 10 ans KOKIA nous a prouvé, malgré des hauts et des bas, qu’elle resterait là. Elle assoie ainsi avec ce projet et sa tournée Européenne une popularité importante et fait partie des chanteuse Japonaise les plus appréciée en France.      

Published by Van - - Critiques

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