Voici enfin la suite du
dossier consacré à Yoko Ueno… Contrairement à la première partie, je ne vais pas faire un bilan chronologique (enfin si mais pas aussi précis)… Je vais traiter Yoko Ueno à travers es albums
solos. Je commencerais par dire que du Yoko Ueno ça se vie... Il faut être réceptif à son univers et se laisser bercer... Je juste ça car j'offre généreusement quelques mp3 pour chaque
album et une écoute basique ne permet pas vraiment d'apprécier facilement son travail... Cela dit j'en reparlerai tout au long du dossier. Courage et bonne lecture
!
8 mois après sa séparation de Zabadak, Yoko Ueno sort son tout premier album solo. Il s’agit de l’auto production ; Voices (à ne pas confondre avec
The VOICE de l’autre prétentieuse de KOKIA). Cet album contient 10 chansons sur un concept vraiment intéressant. 10 chansons, pour 10 voix, pour 10 jeunes filles. Tous
les titres sont également des prénoms féminins. Cet album est pour moi révolutionnaire (rien que ça), tout y est sublime, durant cet album Yoko nous démontre sont incroyable
talent pour la composition et surtout les arrangements, ciselés et travaillés avec originalité. De plus Yoko Ueno utilise uniquement des langes inventés n’ayant aucun sens dans
le fond. C’est par leur sonorité et la qualité des arrangements que Yoko nous transp
orte dans des univers étranges, des mondes inconnus. On ressent une émotion et la musique est tellement finement travaillée
que toute paroles ayant un sens clair seraient superflues. Le talent de Ueno est là… Provoquer une voyage, une émotion et surtout en sens, sans l’utilisation de texte.
Ueno dirige l’ensemble avec une main de maitre et nous emmène la ou elle veut nous emmener. L’album s’ouvre sur le révolutionnaire titre Aoife, une sorte de plongeon
dans un univers à la fois inquiétant et fascinant. Les arrangements sont sublime, Yoko utilise avec talent le synthé et l’acoustique et surtout les chorus qu’elle enregistre une
bonne dizaine de fois avec des légères variations. Elle utilise également des effets d’échos et des filtres… bref au final, une fenêtre vers quelques chose d’unique, d’émouvant et
d’indescriptible. Un album qui se vie… à l’image du fascinant Susanna, une chanson qui nous emmène dans un univers pure, limpide et angélique, nous berçant dans des nuages immaculés…
sublimissime. On trouve également le puissant Elizabeth, un titre fort, à la fois doux et agressif, des sonorités pré trip hop, une sublime langue inventée… un final grandiose et
émouvant… une perle de créativité… perso je n’ai jamais entendu ces sons là… Bref, un album sublime, révolutionnaire, créatif, ultra travaillé, émouvant, juste… Un
monument…
Quelques titres :
- Aoife
- Susanna
- Elizabeth
2002 – Le casse tête de Yoko
Il faudra attendre 8 ans pour
écouter enfin le nouvel album de Yoko Ueno. Pendant ce temps Yoko a consacré sa carrière en produisant de nombreux artistes, des générique d’anime, et des
participations à des concepts. En 1996 un album de remix intitulé E-mix est sortie, il consiste en des remix de titre de Ueno issu de Zabadak et de
l’album Voices. L’ensemble est intéressant mais loin de qualité de travaux d’origine de Ueno.
En 2001, sort l’album Puzzle… Encore une fois le concept est géniales… les 12 titres que contient cet opus, porte des titres de jeux et de réflexion à concept mathématique…
Yoko créer une ambiance et un univers autour de ses thèmes… Il s’ouvre sur le sublime Slither Link, Le Slither Link est un casse-tête original de
Nikoli (éditeur Japonais), publié pour la première fois dans Puzzle Communication Nikoli n°26 (juin 1989). Le Slither Link se joue sur une matrice rectangulaire
formée de points. Entre ces points, on retrouve parfois des nombres (entre 0 et 3). L'objectif est de relier horizontalement ou verticalement les points adjacents afin de créer une ligne unique
continue. De plus, les nombres indiquent le nombre de côtés de la ligne qui doivent être adjacents au nombre. Par exemple, si une case contient le nombre 3, trois de ses côtés doivent être
touchés par le trait continu. On indique souvent d'un X une ligne impossible à créer. Et bien Yoko a crée une chanson à partir de ce jeu, comme si on tombé dans un immense jeu de
chiffre qui tournoi et de trait qui serpente autour de nous… Je dois dire que ce concept et super tordu… Yoko en profite pour nous refaire l’idée de l’album Voices. On
retrouve langues inventées, mélange acoustique et électro et une surabondance de chorus… Sublime ! Le titre Maze, signifie labyrinthe, mais dans ce cas Ueno évoque
l’algorithme de la génération de labyrinthe, un concept mathématique (génération informatique dans ce cas) qui créer ce jeu très connu ou l’on doit sortir d’un labyrinthe. Bref c’est complètement
tordu et à l’image de ce titre, on entre dans un univers très éprouvant, sombre et on n’est pas sur d’en revenir… bref du très très grand art… Mais Ueno va encore plus loin avec
ce concept avec le titre comme Polyomino, une chanson hypnotique, répétitive et angoissante. Bon si quelqu’un peu m’expliquer le concept mathématique du Polyomino… Il est expliqué
ici, mais je n’ai absolument rien compris. Autre titre fort, Tower of Hanoi, Une
chanson indescriptible qui consiste en la répétition d’une phrase (dans une langue inventé) qui
s’ajoute et prend de l’ampleur dans les arrangements. Pour la culture le problème des tours de Hanoï est un jeu de
réflexion imaginé par le mathématicien français Édouard Lucas, et consistant à déplacer des disques de diamètres différents d'une tour de « départ » à une tour d'« arrivée » en
passant par une tour « intermédiaire » et ceci en un minimum de coups, tout en respectant les règles suivantes : on ne peut déplacer plus d'un disque à la fois, on ne peut placer un disque que
sur un autre disque plus grand que lui ou sur un emplacement vide. On suppose que cette
dernière règle est également respectée dans la configuration de départ. Il s’agit d’un jeu totalement dément, qui avec l’augmentation du nombre de disque devient infinie… Un jeu à 64 disques
requiert un minimum de 264-1 déplacements. En admettant qu'il faille 1 seconde pour déplacer un disque, ce qui fait 86 400 déplacements par jour, la fin du monde aurait lieu au bout
d'environ 213 000 milliards de jours, ce qui équivaut à peu près à 584,5 milliards d'années, soit 43 fois l'âge estimé de l'univers (13,7 milliards d'années selon certaines sources)… Bref
Ueno fume. Mais elle continue avec le titre Number Place, en gros cette chanson illustre le sudoku… On passe par le sublime titre Tangram, ce jeux
chinois qui consiste à créer des formes à partir de compose de sept pièces qui peuvent se juxtaposer pour former un carré (5 triangles, 1 carré et 1 parallélogramme). Vous avez tous joué à
ce jeu… le jeu préféré des psychologues… L’album s’achève, en même temps que nous, sur le titre Tic Tac Toe qui n’est pas moins que le jeux de morpion (aligner 3 ronds ou 3 croix)… Bref
un album éprouvant, beau, magnifique, un voyage intérieur dans des concepts de réflexion de logique et de mathématique… On ne ressort pas indemne d’un album de cette ampleur et de cette
qualité…
Quelques titres :
- Slither Link
- Maze
- Shmuzzle
- Tower of Hannoi
- Tangram
2003 – Voyage en Irlande
Il s’agit en fait d’un album de reprise de chanson trationnelle irlandaise. C’est la première soifs que Yoko fait un album tout en anglais… Vue le concept de
l’album, il n’est pas aussi créatif et révolutionnaire que les précédents. Mais Yoko reprend les titres avec originalité, simplicité tout en conservant l’esprit originel de la
chanson. On retrouve des classique comme The Blacksmith, reprise avec talent et originalité, tout comme Paddy's Green Shamrock Shore en acapella. L’album est cohérant avec
quelques moments de génie avec la superbe adaptation de Johnny I Hardly Knew Yeh, très émouvante. J’adore aussi le coté fun et marrant de Will ye Go, Lassie, Go? Et la
simplicité et l’émotion de Black is the Colour. Dans cet album on trouve également 2 chansons signées Ueno… Elles sont superbes et bien construites, bien que classique
par rapport aux délire des albums précédents, en gros y’a des couplets et des refrains dans un Japonais très clair…Bref un album charmant, bien fait qui nous propose quelque chose de très
différent. Certain me diront que son Anglais est minable… et je leur répondrais… oui…
Quelques titres :
- Mizu
- Black Is The Colour
- Johnny I Hardly Knew Yeh
-
Paddy's Green Shamrock Shore
Bonus :
- Will ye Go, Lassie, Go? (elle est
marrante !)
2005 – Les phénomènes naturels
Dernier délire en date en attendant son grand retour en septembre… Il s’agit de Shizen Gesho. Le concept de cet album est l’adaptation en musique des phénomènes naturels (la
signification du titre)… Yoko Ueno va donc nous exprimer musicalement la pluie, le vent, la neige, l’orage etc… Et bien le résultat est à la hauteur de la puissance créatrice de
Ueno. Que dire… un délire profond… mais sacrément géniales… On retrouve le titre Ame ga futteru, et la participation du groupe Marsh Mallow sur 5
titres… Mes titres préféré sont : Nami (vague), une sorte d’ovni musicale, on trouve des sonorités dont je soupçonné pas l’existence… le mélange de chorus de violons et de synthé
est sensationnel… tout comme l’ensemble des titres, il y a peu de paroles, juste des mots… des phrases… Tout comme Taiyou ga Tetteru, arrangé avec un téléphone portable (c’est marqué
dans le livret !). La chanson Kaninari (l’orage) est un très grand moment… Ueno joue de la sonorité avec aisance et créer un univers totalement maitrisé et
puissant. Dans le même genre, Tsuki ga deteiru, est incroyable… Les arrangements sont totalement inédits… j’ai du mal à trouver les mots pour décrir l’ambiance et les émotions que
peuvent provoquer cette musique… dans le titre Kaze ga futteru, Ueno et ses copines de Marsh Mallow parte dans un pur délire de fumeuse de crack… en
effet, elles vont souffler pour créer le vent… et répété sans cesse les même phrases… totalement épuré… on ne trouve que quelques percussions par moment… Vraiment géniales (même si très
difficlement accecible)… Yoko va jusqu’au bout de son concept. Tout comme dans le titre Sakura, évoquant le cerisier à travers les saisons… La chanson est sublime
et consiste en la répétions de Sakura Saku sur une musique rythmés superbement arrangé par Ueno. Détail amusant, Ueno va au bout de son concept puisque
dans le livret des paroles il est écrit autant de fois Sakura saku qu’il est prononcé dans la chanson (le tout en Katakana). J’évoque également l’hypnotique Yuki ga futteru, ou
Ueno répète sans cesse une syllabe qui tombe aussi régulier que des flocons de neige… On se perd dans ce concept atypique, cet album est une vraie merveille… une œuvre difficile,
à la fois simple et ultra complexe… Une vision originale de la nature… Honnêtement je n’ai jamais entendu un album comme ça. Une qualité incroyable pour des idées a la fois simple et géniales. Il
fallait y penser.
Quelques titres :
- Kaminari
- Tsuki ga deteiru
- Noichigo
- Nami
- Kaze ga Futteru
2008 – Tokyo nous parle ?
Après le de nombreux travaux, dont des BO de film, un 2eme album d’Asterisk et un CD-DVD Live… Yoko Ueno avec
un nouveau concept… On ne sait rien pour le moment mis à part ce titre énigmatique, Tokyo Humming (Les chuchotements, vibrations, de Tokyo). Il serait prématuré de dégager si tôt un
concept, il faudra attendre septembre pour découvrir ce qui sera surement un nouveau bijou…
Discographie :
CD :
- Voices (ZA-0002), [1993.12.05], 2500 yens
- e-mix (ZA-0010), [1996.05.25], 2900 yens
- *1 (TEAF-6), [2002.01.23], 2400 yens
- Puzzle (VICL-60821), [2002.01.23], 2900 yens
- SSS -Simply Sing Song- (CRCP-20333), [2003.07.24], 2800 yens
- Shizen Gesho (CRCP-20375), [2005.05.25], 2800 yens
- *2 (TEAF-11), [2006.12.06], 2400 yens
- "YK20"- 20 Shunen ni Tsuki Hatsu Solo, (XQCG-1001), [2007.04.04], 2900 yens
- Tokyo Humming, (GNCA-1133), [2008.09.10], 2900 yens
DVD :
- "YK20"- 20 Shunen ni Tsuki Hatsu Solo, (XQCG-2001), [2007.04.25], 4000 yens
Ici se termine la 2eme partie du dossier Yoko Ueno. Dans quelques jours je traiterai son 2eme grand concept solo, le pseudo Asterisk. Je vous parlerais également
de Yoko Ueno en live ainsi que les grandes collaborations notamment ses BO de film.
Yoko Ueno, à travers ses album solo nous à démontrer qu’elle est une artiste complète, elle construit absolument tout de la composition
ou mixage en passant par les arrangements. Elle fait preuve d’une incroyable originalité, allant loin dans les concepts et la recherche musicales. Yoko Ueno est comme un Dieu (terme générique qui
désigne des artistes incroyablement talentueux), elle construit des mondes, des ambiances et nous emporte dans des lieux, des couleurs, parfois belles, parfais sombres… L’écoute de certain titre
peut être extrêmement éprouvants et dure si compté que l’on si l’on s’immerge totalement dans le concept (le plus simple c’est d’utiliser un bon casque, de se mettre dans le noir absolue dans une
position allongée et confortable). Yoko Ueno sait exactement ou elle veut nous amener, et malgré l’absence de paroles chaque chanson a un sens et elle essai de créer, par sa qualité de
composition et d’arrangements, une idée et une ambiance…
Je pourrais en dire des heures sur cette grande dame qui constitue pour mois un des plus grand talent de ces dernières années… Grace à son style unique et cette envie de faire différent, Yoko
Ueno est devenue pour moi une raison d’aimer la musique japonaise, loin des artistes pop, Ueno offrent une réel profondeur et une qualité musicalement rarement égalé. Cela dit, Yoko Ueno n’est
pas le genre d’artiste prétentieuse qui en font des tonne dans des concepts et vendent plus leur image et leur personnalité. Elle reste simple autant dans son image (même dans l’album on voit
rarement des photos d’elle) et dans sont style, j’attends par là qu’elle en fait pas des tonnes pour un publique de nantis qui s’adresse qu’à certaine personnes élitiste dans ce domaine… Elle
veut rendre sa musique à la portée de tous en gardant l’esprit ouvert…
Bref si grâce à ses dossier je peux rendre rien qu’une personne accros, je serais déjà très contant lol, car il est vrai que la majorité
des amateurs de musique Japonaise ou pas ailleurs, reste hermétique à ce type de musique anticonformiste et difficile d’accès aux premiers abord, même moi j’ai du prendre beaucoup de temps pour
rentrer dans sa musique et ses concepts et pourvoir l’apprécier à sa juste valeur… et surtout pouvoir ressentir pleinement toutes les émotions que peuvent procurer l’écoute de ses albums solo… Ce
dossier m'a demandé beaucoup de travail et j'espère qu'il vous permettra de comprendre et de rentrer dans l'univers si particulier et envoutant de Yoko Ueno !
Voila, c’est un peu long et chiant à lire, mais j’espère que ça vous plaira… lol tout comme le dossier sur Nahoko Kakiage (une artiste démentiellement talentueuse), je ne pense pas que ce genre
d’article fasse un nombre de visiteur sensationnel… C’est sur qu’Ayu et YUI, c’est tellement plus populaire et pourtant…
Allez, la suite très bientôt !
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